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La reprise
sera donc vraisemblablement progressive et un
retour à des taux de croissance rapides tels que
ceux enregistrés vers la fin des années 90 devra
peut-être attendre quelques années.
Premier pays
de la zone euro à avoir été ouvertement tancé
par Bruxelles pour avoir enfreint les règles du
pacte de stabilité en 2001en enregistrant un
déficit de 4,2% du PIB, le Portugal s´est
immédiatement imposé une courageuse cure de
minceur. Les autorités ont insisté à juste titre
sur la nécessité d'une consolidation des comptes
publics. L´année suivante, le déficit était
ramenée à 2, 7% et pour 2003, le gouvernement
prévoit qu´il atteindra 2, 94%. En moins de deux
ans , le Portugal est passé du statut provisoire
de cancre à celui de bon élève de l´Europe. A
l´instar d´autres pays comme les Pays-Bas ou
l´Autriche, il passe aujourd´hui pour un Etat
« aux finances vertueuses ».
Cette
consolidation budgétaire a été obtenue grâce à
la limitation des dépenses et non grâce à
l´augmentation des recettes fiscales. Ce
rééquilibrage est salutaire d'autant qu'une
bien meilleure situation budgétaire sera
nécessaire pour faire face aux pressions
engendrées par le vieillissement démographique à
long terme.
La viabilité
budgétaire est favorisée dans un tel élan par
des mesures visant à contenir la croissance des
dépenses primaires et des salaires dans
l'administration publique. La performance
macroéconomique sera améliorée à plus long terme
par une série de réformes déjà envisagées dans
le Programme de productivité et de croissance
lancé par le Gouvernement. Celles-ci
visent à flexibiliser la législation sur la
protection de l´emploi et à accroître la qualité
du travail .
Le gouvernement
doit trouver une juste voie dans une politique
de l´emploi en adéquation avec la conjoncture
actuelle. Les autres réformes propres à
augmenter la croissance sont notamment une plus
grande mobilité des salariés au sein des
entreprises et entre les entreprises. Un
renforcement de la concurrence, notamment dans
les industries de réseau, se traduira aussi par
une progression de la productivité et fera peser
une pression à la baisse sur les prix. Une
politique fiscale allégeant les charges des
entreprises permettrait l´afflux renouvelé des
investissements étrangers. Le Portugal a un
fort potentiel pour rattraper les autres pays de
la zone euro, comme il l'a démontré par le
passé.
Le potentiel
de croissance serait a fortiori rehaussé par des
politiques d'enseignement et de formation qui
augmentent les niveaux moyens de compétence à la
fois au sortir du système scolaire et dans les
emplois existants. En outre, les diplômés de
l'université bénéficient d'avantages, de
salaires importants et devraient être tenus de
participer financièrement dans une plus large
mesure à leurs études.
Il faut
cependant reconnaître que le Portugal a fait un
grand bond en avant dans la promotion de
l'utilisation de nouvelles technologies. Ce pays
à dominante rurale ne compte pas réitérer les
erreurs du passé notamment lorsqu´il a manqué la
révolution industrielle un siècle plus tôt.
Aujourd´hui, tout est mis en avant pour
favoriser le développement de la communication.
A titre d´exemple, le pays portugais est l´un
des pays où la pénétration des portables fut la
plus rapide. Toutes les nouvelles technologies
font une percée remarquable dans le pays.
Internet devient de plus en plus accessible á
toutes les couches de la population appuyé en
cela par la volonté farouche du gouvernement qui
a développé une vaste campagne en faveur de ce
développement. Une autre avancée remarquable est
la mise en oeuvre du système microsoft de
télévision interactif testé en première mondiale
à Lisbonne.
Malgré les
aides considérables accordées par l´UE et en
dépit de progrès notables, le Portugal n´a pas
encore comblé son retard en matière
d´infrastructures, notamment dans le domaine des
communications (routes, autoroutes, chemins de
fer, ports, aéroports, téléphone et
communications).Ce secteur est aujourd´hui
indispensable et inévitable lorsque l´on sait
que dans une économie ouverte , les échanges
constituent de plus en plus la condition même de
l´activité et la source essentielle de la
prospérité.
On observe que
le pays a pris conscience de l´importance de
cette crise et veut, par le biais d´une
politique économique adéquate, renverser cette
tendance. Le tissu industriel opère aujourd´hui
une diversification à grande échelle de ses
activités. Le pays veut s´engager sur d´autres
voies comme les services et les nouvelles
technologies. Elle peut néanmoins toujours
s´appuyer sur les fleurons de son industrie
traditionnelle comme les composants automobiles,
l´industrie du moule, le textile, le
textile/habillement, le liège, la chaussure ou
encore le vin de Porto.
Dans cette
optique, le Portugal programme d´autres
orientations destinées à améliorer le
fonctionnement des biens et capitaux :
+augmenter les
investissements en matière de R&D ;
+promouvoir la
diffusion des technologies de communication et
d´information notamment grâce à la formation de
personnel qualifié ;
+poursuivre les
efforts réalisés dans la réduction des aides
sectorielles de l´Etat ;
+accélérer la
libéralisation des secteurs de l´énergie ;
+poursuivre les
progrès réalisés dans la transposition des
Directives communautaires ;
+Développer le
marché du capital-risque.
A une époque où
les économies nationales sont indissociables, le
Portugal a besoin du redressement des autres
pays pour disposer d´une économie saine
notamment avec l´équilibre de sa balance
commerciale.
Des efforts
sont encore à accomplir dans le sens d´une
modernisation toujours plus accrue des
structures économiques : ce défi national devra
être surmonté si l´Etat compte satisfaire les
besoins et les aspirations de son peuple et, in
fine, renforcer sa position vis-à-vis des
grandes puissances mondiales.
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