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SITUATION ÉCONOMIQUE
SITUATION ÉCONOMIQUE ET FINANCIERE DU PORTUGAL AU DÉBUT 2005
INDICATEURS SOCIO-ECONOMIQUES
Superficie : 92 072 km2
Population : 10,8 millions
Capitale : Lisbonne
Villes principales : Porto, Lisbonne
Langue (s) officielle (s) : portugais
Monnaie : Euro
Fête nationale : 10 juin
Croissance démographique : 0,2 %
Espérance de vie : 75,9
Taux d'alphabétisation : 92,5%
Religion (s) : la majorité de la population est catholique, mais le Portugal est un Etat laïc d'après la Constitution de 1976.
Indice de développement humain (Classement ONU) : 0,896 (23ème)
PIB (2004) : 135 milliards d'euros
PIB par habitant (2004) : 12 500 euros
(France : 24837 euros en 2002)
Taux de croissance (2004) : 1%
Taux de chômage (2004) : 6,7%
Taux d'inflation (2004) : 2,1 %
Solde budgétaire (2004) : -3% du PIB
Balance commerciale : -13,5 milliards d'euros
Principaux clients : Allemagne (19,8 %), Espagne (15,5 %), France (14,4 %)
Principaux fournisseurs : Espagne (24%), Allemagne (14,7%), France (11,5%)
Part des principaux secteurs d'activités dans le PIB :
- agriculture : 3,9 %
- industrie : 35,2 %
- services : 60,9 %
Exportations de la France vers le Portugal : 4,7 milliards d'euros
Importations françaises du Portugal : 3,3 Milliards d'euros
Communauté française au Portugal : 8 897 immatriculés ; 30 000 non immatriculés
Communauté portugaise en France : 800 000 dont 150 000 bi-nationaux
Situation économique
Le nouveau Premier ministre a annoncé un plan de redressement en cinq points :
- La récupération de la confiance qui devrait bénéficier de la stabilité politique attendue au cours des prochaines années.
- Un plan technologique misant sur les investissements importants dans les domaines de l'innovation, des nouvelles technologies, de la formation et de la recherche-développement.
- L'efficacité des investissements des entreprises en éliminant les obstacles bureaucratiques et les entraves à la concurrence.
- La consolidation des finances publiques sur la période de la législature en contrôlant mieux les dépenses et en assurant une meilleure rentrée des recettes, par une augmentation des moyens dédiés à la lutte contre la fraude fiscale.
- La modernisation de l'administration publique en réduisant le nombre de fonctionnaires (objectif de non-renouvellement d'un fonctionnaire partant à la retraite sur deux) et en harmonisant les statuts avec ceux du privé.
Ceci intervient dans un contexte économique très difficile : Après six trimestres consécutifs de croissance négative , le Portugal a connu une légère reprise en 2004 (+1%), mais la croissance est restée inférieure à la moyenne de l'Union européenne. Le chômage est passé de 4 à 6,7% depuis mars 2002. La loi de finances 2003 a été placée sous le signe de l'austérité (baisse de 10% des dépenses de fonctionnement des ministères et de 15% de l'investissement public) afin d'atteindre l'équilibre en 2006. En 2003 et 2004, le déficit a été contenu à 3% .
Situation économique et financière du Portugal au DÉBUT 2005
Fiche actualisée au 21 mars 2005Des progrès remarquables qui buttent sur des obstacles structurels non surmontés
Après la récession observée en 2003 et la reprise modeste de 2004, la conjoncture économique du Portugal reste morose. Le nouveau gouvernement doit s'attaquer aux obstacles de nature structurelle qui empêchent ce pays de retrouver la voie de la convergence avec ses partenaires européens.
Après avoir connu un rythme de croissance variable mais soutenu depuis son accession à la Communauté européenne en 1986, le Portugal est entré dans une période prolongée de ralentissement depuis le second semestre 2000. Le rythme de croissance du PIB a chuté en 2001 et 2002, il est devenu négatif en 2003 et a été inférieur à la moyenne européenne en 2004. Alors que le PIB portugais avait sans discontinuité convergé vers la moyenne européenne jusqu'en 2000, atteignant 75% de la moyenne communautaire (à 15), il diverge depuis lors, se situant dorénavant autours de 72%.
Entre 1986 et 2000 le Portugal a largement bénéficié non seulement des financements communautaires, mais aussi d'un flux élevé d'investissements directs étrangers, de transferts financiers importants des populations immigrées, des recettes des privatisations et de l'ouverture des marchés extérieurs. Cela a permis une amélioration sensible du niveau de vie de la population et des infrastructures du pays sans que certains obstacles structurels limitant le potentiel de croissance ne soient réglés.
Les progrès n'ont pas été uniformes et certains retards persistent ; le système éducatif, le système de santé et la justice nécessitent d’importantes améliorations. Par ailleurs, le poids de la fonction publique reste élevé, les dépenses affectées au paiement des salaires et retraites absorbent l'essentiel des recettes budgétaires. L'Etat rencontre en outre beaucoup de difficultés à percevoir l'impôt, limitant ainsi sérieusement ses marges de manoeuvre.
Une croissance inférieure à la moyenne européenne dans une conjoncture incertaine
L'année 2004 s'est terminée sur des résultats décevants. La croissance du PIB a été positive, mais modeste (1,0%), elle provient dans une large mesure de la reprise de la demande intérieure (+2,1%) alors que les autorités s'attendaient à une reprise fondée sur la demande extérieure. Il en résulte une forte augmentation des importations de bien et services (+7,0%) et une dégradation des comptes externes en dépit du bon comportement des exportations (+5,0%). Traditionnellement déficitaire, le solde de la balance des paiements courants et de la balance des capitaux est passé de -3,3% du PIB en 2003 à - 5,1% en 2004. L'endettement des ménages et des entreprises, déjà très élevé mais qui se stabilisait depuis 2002, est reparti à la hausse. Les prix sont stabilisés à un niveau faible pour le Portugal (2,5%) alors que le chômage poursuit sa progression (7,1% fin décembre), mais reste inférieur à la moyenne européenne.
En dehors des salaires de la fonction publique, aucune modération salariale n'a été observée en 2004. Cette évolution, associée à la faible productivité du travail (64% de la moyenne européenne), a pour conséquence une détérioration de la compétitivité du Portugal.
Le nouveau ministre de finances, M. Campos e Cunha, hérite d'une situation délicate
Le nouveau ministre des finances hérite d'une situation difficile dans la mesure où les hypothèses sur lesquelles a été bâti le budget 2005 sont loin de se confirmer. Les recettes y sont surévaluées et les dépenses sous évaluées. Eurostat n'a pas encore homologué les recettes exceptionnelles encaissées fin 2004 pour que le déficit public soit maintenu sous la barre des 3% du PIB. Tous les économistes s'accordent en outre sur fait que le modèle de croissance, basé sur la demande des ménages, n'est pas viable à moyen et long terme en raison du niveau très élevé d'endettement des ménages.
Le Premier ministre a demandé au gouverneur de la Banque du Portugal de présider une commission chargée d'évaluer l'état des finances publiques portugaises. Le Ministre des finances va par la suite devoir préparer un correctif budgétaire qui comprendra non seulement des réductions de dépenses, mais surtout une augmentation des recettes. Il n'a d'ores et déjà pas exclu d'augmenter certains impôts et devra rapidement trouver les moyens de faire mieux rentrer les recettes fiscales.
Le nouveau Premier ministre, M. José Socrates a annoncé un plan de redressement économique en cinq points :
- la récupération de la confiance qui devrait bénéficier de la stabilité politique attendue au cours des prochaines années ;
- un plan technologique misant sur des investissements importants dans les domaines de l'innovation, les nouvelles technologies, la formation et la recherche – développement ;
- l'efficacité des investissements des entreprises en éliminant les obstacles bureaucratiques et les entraves à la concurrence ;
- la consolidation des finances publiques sur la période de la législature en contrôlant mieux les dépenses et en assurant une meilleure rentrée des recettes ;
- la modernisation de l'administration publique en réduisant le nombre des fonctionnaires et en harmonisant les statuts avec ceux du secteur privé.
Ce programme devra être réalisé en tenant compte des contraintes budgétaires qui limitent fortement les marges de manoeuvre du nouveau gouvernement. Les décisions qui ont été prises sur la révision du Pacte de stabilité et de croissance sont, dans ce cadre, particulièrement importantes pour la réalisation de programme électoral et entreprendre les réformes indispensables pour assurer le retour à la croissance. La négociation des perspectives financières pour la période 2007 / 2013 détermineront quant à elle les montants qui seront transférés par l'Europe au Portugal dans le cadre du prochain Cadre communautaire d'appui.
Dans ce contexte européen et mondial de plus en plus concurrentiel, le Portugal devra donc avant tout se montrer plus attractif pour les investissements directs étrangers, pour développer ses exportations de bien et services, pour accueillir un nombre toujours plus importants de touristes disposant de revenus élevé, et disposer ainsi des moyens de ses ambitions. La stabilité politique à venir, la volonté du nouveau Premier ministre de redonner confiance aux portugais, les politiques ambitieuses en matière d'investissement public et de rattrapage technologique devraient, à moyen terme, avoir un impact positif sur la croissance et permettre au Portugal de retrouver un rythme de croissance conforme à son potentiel et lui permettant de retrouver la voie de la convergence avec la moyenne de l'Union européenne.