L´étude économique du Portugal
L'adhésion du Portugal à la Communauté européenne s'est traduite par un succès remarquable noté par l'ensemble des indicateurs macroéconomiques.
Dépassant les prévisions les plus optimistes, le Portugal a réussi à diriger, dans un climat de progrès et de stabilité, l´amorce de la modernisation de sa structure économique digne de ce nom. Il se présente, toutes proportions gardées, comme un modèle de croissance pour les pays candidats à l´entrée dans l´Union Européenne.
Cette croissance a été rendue possible par l´apport des investissements étrangers, véritable moteur du développement économique. Reflétant le climat de stabilité sociale, l'amélioration sensible des conditions financières des entreprises et l'énorme effort effectué au niveau des infrastructures et de projets de développement par l'Etat portugais et appuyé par l'Union européenne, l'investissement a augmenté d'une moyenne annuelle appréciable au cours des années 1990.
Au demeurant, l´économie portugaise a enregistré une performance remarquable de 1996 à 2000 avec une croissance réelle moyenne de 3,6% (1,1% point au -dessus de la moyenne européenne). Un environnement économique favorable renforcé par les perspectives positives de l´intégration du Portugal à la zone euro explique dans leur majorité l´obtention de ces résultats.
Entre temps, des ombres sont apparues au tableau. Depuis 2001, l´économie portugaise a connu une décélération influencée en partie par le moindre dynamisme de l´économie internationale. En effet, le pays est actuellement en période de récession, avec une croissance qui cette année devrait être négative aux environs d´1%. Elle s´explique aussi par l´ajustement de la demande interne, notamment de la consommation privée et par la forte accélération de l´inflation liée à l´augmentation du pétrole et des produits alimentaires non transformés.
Les déficits ont logiquement réduit les marges de manoeuvre du Gouvernement. L'ampleur des déséquilibres accumulés ces dernières années a affaibli les perspectives de croissance de la demande intérieure et n´a également laissé au Portugal d'autre choix que la rigueur budgétaire pendant quelque temps.
La reprise sera donc vraisemblablement progressive et un retour à des taux de croissance rapides tels que ceux enregistrés vers la fin des années 90 devra peut-être attendre quelques années.
Premier pays de la zone euro à avoir été ouvertement tancé par Bruxelles pour avoir enfreint les règles du pacte de stabilité en 2001en enregistrant un déficit de 4,2% du PIB, le Portugal s´est immédiatement imposé une courageuse cure de minceur. Les autorités ont insisté à juste titre sur la nécessité d'une consolidation des comptes publics. L´année suivante, le déficit était ramenée à 2, 7% et pour 2003, le gouvernement prévoit qu´il atteindra 2, 94%. En moins de deux ans , le Portugal est passé du statut provisoire de cancre à celui de bon élève de l´Europe. A l´instar d´autres pays comme les Pays-Bas ou l´Autriche, il passe aujourd´hui pour un Etat « aux finances vertueuses ».
Cette consolidation budgétaire a été obtenue grâce à la limitation des dépenses et non grâce à l´augmentation des recettes fiscales. Ce rééquilibrage est salutaire d'autant qu'une bien meilleure situation budgétaire sera nécessaire pour faire face aux pressions engendrées par le vieillissement démographique à long terme.
La viabilité budgétaire est favorisée dans un tel élan par des mesures visant à contenir la croissance des dépenses primaires et des salaires dans l'administration publique. La performance macroéconomique sera améliorée à plus long terme par une série de réformes déjà envisagées dans le Programme de productivité et de croissance lancé par le Gouvernement. Celles-ci visent à flexibiliser la législation sur la protection de l´emploi et à accroître la qualité du travail .
Le gouvernement doit trouver une juste voie dans une politique de l´emploi en adéquation avec la conjoncture actuelle. Les autres réformes propres à augmenter la croissance sont notamment une plus grande mobilité des salariés au sein des entreprises et entre les entreprises. Un renforcement de la concurrence, notamment dans les industries de réseau, se traduira aussi par une progression de la productivité et fera peser une pression à la baisse sur les prix. Une politique fiscale allégeant les charges des entreprises permettrait l´afflux renouvelé des investissements étrangers. Le Portugal a un fort potentiel pour rattraper les autres pays de la zone euro, comme il l'a démontré par le passé.
Le potentiel de croissance serait a fortiori rehaussé par des politiques d'enseignement et de formation qui augmentent les niveaux moyens de compétence à la fois au sortir du système scolaire et dans les emplois existants. En outre, les diplômés de l'université bénéficient d'avantages, de salaires importants et devraient être tenus de participer financièrement dans une plus large mesure à leurs études.
Il faut cependant reconnaître que le Portugal a fait un grand bond en avant dans la promotion de l'utilisation de nouvelles technologies. Ce pays à dominante rurale ne compte pas réitérer les erreurs du passé notamment lorsqu´il a manqué la révolution industrielle un siècle plus tôt. Aujourd´hui, tout est mis en avant pour favoriser le développement de la communication. A titre d´exemple, le pays portugais est l´un des pays où la pénétration des portables fut la plus rapide. Toutes les nouvelles technologies font une percée remarquable dans le pays. Internet devient de plus en plus accessible á toutes les couches de la population appuyé en cela par la volonté farouche du gouvernement qui a développé une vaste campagne en faveur de ce développement. Une autre avancée remarquable est la mise en oeuvre du système microsoft de télévision interactif testé en première mondiale à Lisbonne.
Malgré les aides considérables accordées par l´UE et en dépit de progrès notables, le Portugal n´a pas encore comblé son retard en matière d´infrastructures, notamment dans le domaine des communications (routes, autoroutes, chemins de fer, ports, aéroports, téléphone et communications).Ce secteur est aujourd´hui indispensable et inévitable lorsque l´on sait que dans une économie ouverte , les échanges constituent de plus en plus la condition même de l´activité et la source essentielle de la prospérité.
On observe que le pays a pris conscience de l´importance de cette crise et veut, par le biais d´une politique économique adéquate, renverser cette tendance. Le tissu industriel opère aujourd´hui une diversification à grande échelle de ses activités. Le pays veut s´engager sur d´autres voies comme les services et les nouvelles technologies. Elle peut néanmoins toujours s´appuyer sur les fleurons de son industrie traditionnelle comme les composants automobiles, l´industrie du moule, le textile, le textile/habillement, le liège, la chaussure ou encore le vin de Porto.
Dans cette optique, le Portugal programme d´autres orientations destinées à améliorer le fonctionnement des biens et capitaux :
+augmenter les investissements en matière de R&D ;
+promouvoir la diffusion des technologies de communication et d´information notamment grâce à la formation de personnel qualifié ;
+poursuivre les efforts réalisés dans la réduction des aides sectorielles de l´Etat ;
+accélérer la libéralisation des secteurs de l´énergie ;
+poursuivre les progrès réalisés dans la transposition des Directives communautaires ;
+Développer le marché du capital-risque.
A une époque où les économies nationales sont indissociables, le Portugal a besoin du redressement des autres pays pour disposer d´une économie saine notamment avec l´équilibre de sa balance commerciale.
Des efforts sont encore à accomplir dans le sens d´une modernisation toujours plus accrue des structures économiques : ce défi national devra être surmonté si l´Etat compte satisfaire les besoins et les aspirations de son peuple et, in fine, renforcer sa position vis-à-vis des grandes puissances mondiales.





