Correio da Manhã

10/04/2006

França: comemorações dos 88 anos de ‘La Lys’
Relembrar a batalha é prova de amizade

Comemoraram-se ontem os 88 anos da batalha de La Lys, onde após ofensiva alemã ‘georgette’ desapareceram, morreram ou ficaram gravemente feridos cerca de 7500 oficiais, sargentos e praças portugueses. A cerimónia evocativa desta batalha teve lugar no cemitério militar português de Richebourg e no monumento de la Coture.

Marta Vitorino

Cerimónia de homenagem aos militares portugueses mortos na batalha de La Lys

Mesmo debaixo de frio intenso e chuva, foram muitos os portugueses e luso-descendentes que quiseram prestar homenagem aos seus antepassados: “Relembrar La Lys e homenagear os militares portugueses que com bravura

participaram na Primeira Grande Guerra é uma prova de amizade entre Portugal e França”, disse o embaixador português em França, António Monteiro.

Chegaram portugueses de toda a França para esta cerimónia, até porque grande parte deles tem um avô ou um bisavô que integrou o corpo expedicionário português em 1917/1918.

Maria Carrilho, deputada do PS pelo círculo da Europa, esteve pela primeira vez nestas cerimónias: “Penso que veio muita gente e saliento o papel das várias organizações portuguesas envolvidas, entre as quais o Centro Nacional de Cultura. É muito importante ligar a cultura à memória e ao futuro”, comentou. Maria Carrilho tem uma tese de doutoramento intitulada ‘Forças Armadas e mudança política em Portugal no século XX” e um capítulo que fala da presença portuguesa na guerra, mas nunca tinha conhecido os locais dessa guerra.

Ao terminar o discurso solene, António Monteiro deixou uma mensagem: “Gostaria de deixar uma mensagem de esperança e de confiança num mundo mais sereno. A todos cumpre contribuir para a paz.”

"COMPREENDI A DIMENSÃO DOS PORTUGUESES" (António Monteiro, embaixador)

Correio da Manhã – Como define a comunidade portuguesa?

António Monteiro – Penso que é uma comunidade de peso, não temos outro exemplo dentro da Europa onde um parceiro esteja tão presente. Temos um milhão e 400 luso-descendentes em França.

- Tinha ideia da dimensão da comunidade?

– Tinha em números, mas confesso que aprendi muito com esta comunidade; aprendi uma lição e compreendi a dimensão humana dos portugueses em França.

– Ainda subsiste o mito do português emigrante que vai para as obras e limpezas?

– Não vou desmistificar esse mito, porque nós devíamos ter orgulho na classe emigrante. Vieram para França em condições dramáticas, sem apoios, têm um passado de luta e hoje os luso-descendentes ocupam todos os lugares da sociedade, da administração às universidades.

Sofia Rato

 

Discours de Son Excellence

L’Ambassadeur du Portugal en France

 À l’occasion des Cérémonies de la Bataille de La Lys

 La Couture, le 8 avril 2006

 

Monsieur le Sous-Préfet de Béthune,

Monsieur le Maire de la Couture,

Monsieur le Maire de Richebourg,

Mesdames et Messieurs les Députés

Monsieur le représentant des Forces Armées Portugaises,

Général Fernando Rodrigues,

Monsieur le Général Gouverneur Militaire de Lille,

Messieurs les Officiers Généraux,

Messieurs les Consuls du Portugal à Lille, Versailles, Nogent-sur-Marne et Rouen,

Autorités Militaires, Policières, Civiles et Religieuses

Mesdames et Messieurs

Chers concitoyens (compatriotes)

Par tradition, les français et les portugais se rassemblent, tous les ans, au Cimetière Militaire de Richebourg et devant ce Monument à la Couture, pour commémorer la Bataille de La Lys.

Se rappeler la bataille de La Lys, c’est rendre hommage aux militaires portugais qui ont participé, avec ténacité et bravoure, à la Ière Grande Guerre, ici en France.

Se rappeler la Bataille de La Lys c’est évoquer tous ceux qui ont défendu les intérêts nationaux au front africain.

Se rappeler la Bataille de La Lys c’est mettre en lumière le respect par le Portugal de ses engagements internationaux et sa solidarité envers ses alliés.

Se rappeler la Bataille de La Lys est aussi associer à un haut fait d’armes la contribution déterminée du Portugal pour la paix en Europe et dans le monde.

Finalement, évoquer la Bataille de La Lys c’est une preuve de l’amitié constante entre le Portugal et la France.

La Bataille de La Lys dont nous commémorons, demain, les 88 ans, c’est aussi un motif pour célébrer la présence des portugais en France dans le passé, le présent et l’avenir, ainsi que leur intégration dans la vie du pays qui les a accueillis.

La génération antérieure a su réussir cette intégration avec discrétion, en maintenant vivantes les valeurs portugaises qui ont tant contribué à la diversité européenne. L’actuelle génération a réussi, pour sa part, a gagner son espace et son rôle en pariant sur une participation civique active, de façon à transcender la nationalité et a donner sens et cohésion à l’espace européen.

La reconnaissance que la communauté portugaise mérite et le respect qu’elle démontre à l’égard des valeurs et des principes des communautés où elle s’insère constituent un exemple pour une Europe qui se veut Unie.

Mais la Bataille de La Lys contient, au-delà de ce rituel traditionnel, une leçon de vie qu’il est important de ne pas oublier.

 Dans le livre de l’écrivain portugais José Rodrigues dos Santos ici présent -une vision romancée du conflit- on peut lire, dans une phrase d’un des soldats du Corps Expéditionnaire Portugais :

« le plus dur ce n’est pas de faire la guerre ; le plus difficile c’est d’y survivre »

C’est juste. Il ne faut  pas oublier que, à l’époque, personne ne croyait que la première Guerre pourrait avoir lieu. Puis la seconde est arrivée aussi. Aujourd’hui les nouvelles générations européennes croient la guerre éloignée pour toujours du Continent.

Cependant, le temps présent nous invite à la réflexion sur tout ce que menace la paix.

Nous vivons une époque d’inquiétude et d’intolérance. La contestation et l’incompréhension sociales sont propices à des comportements agressifs quasi incontrôlables.

La menace tentaculaire du terrorisme est loin de trouver une solution. La conduite irresponsable de certains Etats occasionne des dangers pour la paix et la sécurité mondiales .Les mésententes au niveau  international entraînent  des risques d’aggravation des conflits et constituent des obstacles à la résolution de crises graves. C’est notre devoir, donc, d’être vigilants.

Mais j’aimerais surtout transmettre aujourd’hui, dans cette célébration, un message d’espoir et de confiance en un Monde plus serein. Un monde auquel tous puissent prendre part sans que personne ne soit réduit à un simple spectateur. Il appartient à tous de contribuer aux valeurs de la Paix, en promouvant, résolument, un modèle de stabilité et de développement fondé sur le respect de la diversité culturelle et sur l’investissement dans l’être humain et dans nos sociétés.

La paix, la stabilité, la justice sociale et le respect des droits de l’homme doivent être des valeurs communes dans la quête du progrès et du développement des nations.

Je souhaite que dans toutes ces célébrations, nous puissions toujours commémorer la Paix et que le Portugal et la France soient toujours le soutien d’un monde plus juste et plus intégrateur.

Je voudrais marquer ma vive reconnaissance aux autorités locales françaises, civiles, militaires et de la gendarmerie, pour la marque d’amitié que vous nous témoignez mais aussi en appuyant et en  participant à ces célébrations, leur conférant ainsi la plus grande solennité et dignité.

Je dirai aussi un mot de reconnaissance à la délégation portugaise du Centre National de Culture et pour la Ligue des Combattants du Portugal qui ont bien voulu, aujourd’hui, animer par leur présence cette cérémonie.

Pour finir, j’adresse mes sincères remerciements à tous les présents, en particulier aux représentants des Associations des Anciens Combattants qui, tous les ans, maintiennent vivante la mémoire de ceux qui se sont battus pour sauvegarder les valeurs de la liberté, de l’égalité et de la fraternité.

Rendons aussi hommage à la mémoire de tous ceux qui, pendant la guerre de 14-18, sont tombés au service des idéaux de justice, idéaux dont nous nous engageons, aujourd’hui et ici même, à poursuivre la défense et à transmettre comme témoin de l’avenir à notre jeunesse.

                                                                  Antonio Monteiro

                                                     Ambassadeur du Portugal en France